C'est bien lui (le barbu). Entre deux exploits sportifs, l'humanitaire.

 

La belle expérience de Christophe Herbas au pied de l'Everest

Portrait 

Christophe à l'école de Dawa Sherpa./Photo C.H.

 

Après Gilles Pébay qui, en octobre dernier, participait au Grand Raid de la Réunion, en novembre, c'est un autre Bagnérais, Christophe Herbas, qui courait loin de sa vallée. 


«Depuis les séismes de 2015 qui ont frappé le Népal, avec l'association Qu'ei atau (organisateur de la Caminade du pic du Midi), nous reversons 2€ par coureur à l'association Parrains et marraines pour le Népal, créée par le traileur népalais Dawa Sherpa. C'est à cette occasion que j'ai fait sa connaissance, un homme d'une grande sagesse et forte humilité quand on lui parle de son passé de meilleur coureur en montagne de la planète», raconte Christophe. «Il m'a beaucoup parlé de son pays et plus particulièrement de sa vallée natale, celle de l'Everest. L'idée de faire mes premiers pas au Népal, à côté d'un ambassadeur comme Dawa ,m'a séduit. Je me suis rapidement inscrit au Solukhumbu Trail.

Cette course en montagne, en autonomie totale durant chaque étape, est réservée aux organismes solides. En effet, en 16 jours, sans interruption, les participants parcourent près de 300km (avec 20.000m de dénivelé positif!) pour traverser la vallée de l'Everest, en passant par le sommet du Kalapatthar (5.650m), point culminant de la course. «Ce sommet satellite à l'Everest procure une des plus jolies vues sur celui-ci et sur la voie d'ascension versant népalais», se souvient-il avec une certaine nostalgie de ces trois semaines où «on se déplace en famille : les coureurs, les porteurs, le staff, les docteurs ... Nous sommes toujours en contact avec le peuple sherpa, résident de la vallée de l'Everest, jamais avares de sourires et extrêmement généreux. Nous avons dormi chez l'habitant, mangé local, assisté à des prières dans des monastères bouddhistes, avons pu passer deux jours dans l'école créée par Dawa à Chhulemu à jouer au foot avec les enfants, à partager leur quotidien, à répondre à leurs questions, etc.».

Que de beaux, et enrichissants, souvenirs pour Christophe, ravi d'avoir vécu «une telle expérience en un séjour aussi court avec comme théâtre les paysages somptueux qu'offre la vallée du Solukhumbu (Everest, Nupse, Lhoste, Makalu, Cho Oyu, etc.)».

Côté course, Christophe a terminé en deuxième position après une ascension de près de 8.000m de dénivelé positif au-dessus de 4.500 m d'altitude, avec 4 passages de col à plus de 5.000m et 4 nuits passées entre 4.600 et 4.900m. Et après 55h d'efforts, soit une petite heure de plus que le vainqueur, le jeune et prometteur Jules Gaellerts, originaire de Chambéry. Le podium est complété par le Toulousain Rodolphe Charrier.

Viktoria Telek